« Quel regard porter sur une démocratie européenne qui s’abîme?

Comment la paresse intellectuelle, la lâcheté morale,
et l’absence d’empathie réflexive peuvent faire basculer des hommes convenables,
souvent des notables, parfois des intellectuels, dans l’idéologie fasciste?
Comment à force de se persuader que le mal a le visage d’une bête immonde,
fait-on de la haine ordinaire un animal de compagnie que chacun pourrait apprivoiser?
Qui peut donc se dispenser personnellement du devoir de pensée et de la responsabilité politique,
à moins de faire proliférer l’idéologie néfaste de son petit moi?

Le spectacle se présentera à la fois comme une enquête presque policière,
une réflexion sociologico-politique, un questionnement philosophique
et une recherche théâtrale,  pour moi indissociables ».

Bérangère Jannelle

Ce qu’on observe ? Des séries d’impostures banalisées qui usurpent le sens des mots : les «opinions» se substi­tuent aux exigences de la pensée, les «valeurs morales» à la morale,  le «peuple éternel» au peuple en devenir, la «liberté privée» à la «liberté publique», les «indivi­dus» aux «personnes», le «divertissement» à «la culture», «l’idéologie en kit»  à la pensée.  Tout converge vers la négation de l’autre.

Partant donc d’abord d’une approche documentaire,

les comédiens, hantés par leur sujet, feront basculer le jeu dans la fiction en s’appropriant des écrits intimes à la première personne, des fragments de discours traduits en français et gesticulés dans leur langue d’origine. Ils glisseront dangereusement vers des séquences théâtrales, qui entre langage et image, nous renvoient sensiblement à des actes de violence banali­sés par l’actualité, de faits divers intimes en manifestations haineuses sous des visages contemporains, autres visages, autres habits. Qui est à l’abri ?

L’ensemble de cette dérive spectaculaire sera mise en résonance avec un travail vidéo sur les grandes figures picturales et sculpturales de monstres antiques. A la fin sur un pla­teau dépouillé, au milieu d’un cimetière d’œuvres d’art  projetés au sol comme des enluminures, seuls s’affronteront finalement « les mots» du poète dressés nus contre «les éléments de langage», contre l’intoxication du  «bon sens», des «prêts à penser mé­diatisés» dans une guerre poétique et politique.

La seule guerre culturelle qui vaille.

Distribution

Ecriture et mise en scène Bérangère Jannelle A partir des œuvres d’Hannah Arendt, Walter Benjamin, Gilles Deleuze, Emmanuel Levinas, Pierre Paolo Pasolini, Jacques Derrida, Thomas Mann, Jaume Cabré, Robert O Paxton, William Vollman et des témoignages d’Albert Speer et la correspondance d’Heinrich Himmler et Marga Himmler

Avec  Noémie Carcaud, Pierre-Felix Gravière, Sophie Neveu, Rodolphe Poulain et Bachir Tlili
Directeur technique Marc Labourguigne Scénographie Alban Ho Van Création lumière Christian Dubet Création sonore et musicale Jean Damien Ratel Assistant à la mise en scène Hakim Romatif Costumière Laurence Chalou Régie vidéo Thomas Guiral Régie Lumière Frédéric Chantossel

Teaser de Tom KOBZ

Création du 13 au 21 janvier 2017 à la MC2: Grenoble

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Tournée 2017

• Le 2 février
Le Parvis – Scène Nationale Tarbes Midi-Pyrénées
• Les 17 et 18 février
Espace Malraux – Scène Nationale de Chambéry
• Le 28 février
Le Théâtre – Scène Nationale de Saint Nazaire
• Le 3 mars
Equinoxe – Scène Nationale de Châteauroux
• Du 5 au 10 décembre
Le Théâtre de la Ville au Centquatre-Paris

Production déléguée MC2: Grenoble Coproduction MC2: Grenoble, La Ricotta, Équinoxe, Scène nationale de Châteauroux, Le Théâtre – Scène nationale de Saint-Nazaire, Le Parvis – Scène nationale de Tarbes, Le Théâtre de la Ville – Paris et coproduction Le CENTQUATRE-PARIS

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National, avec le soutien de la SPEDIDAM